Pendant la dernière guerre

samedi 2 juin 2007 par webmaster

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- 20 juillet : Le matin vers 8 heures 25, des avions bombardent Lignières. Des bombes tombent près du village de la Plingère creusant d’énormes cratères ; d’autres près du village de la Godardière et surtout sur le bourg près de Buard et derrière l’école Notre Dame de Lourdes. Toutes les vitres volent en éclats, portes et fenêtres s’ouvrent, une personne est si grièvement blessée qu’elle décédera quelques heures plus tard. Les magnifiques vitraux de l’église provenant des ateliers Ledieu d’Argentan sont détruits par le souffle des bombes. Ils ne seront remplacés qu’en 1949 par de nouveaux vitraux réalisés par Mr Razin, Maître Vitrier d’Art.

A partir de ce jour la messe sera célébrée le dimanche dans des granges à la Vannerie et aux Noés. Beaucoup d’habitants du Bourg par peur d’un nouveau bombardement s’en vont le soir coucher chez des amis dans les villages. La nuit des avions lancent des tracts et laissent tomber des bandes de papier argenté pour brouiller les communications radio avec les maquis.

- 30 juillet : Trois cultivateurs ayant mené des réfugiés à Couptrain sont mitraillés à leur retour vers 18 heures dans la côte de la Vannerie. Deux sont blessés, un au genou et l’autre plus grièvement atteint devra être de longs mois hospitalisé, deux chevaux sont tués. Les charrettes étaient pourtant munies de drapeaux blancs, mais comme les Allemands faisaient opérer des transports avec des voitures semblables, il est possible qu’il y ait eu méprise de la part des aviateurs.

- 13 août : La débâcle allemande se fait sentir, les nombreux convois qui la nuit montent régulièrement vers le front, sont de plus en plus souvent désorganisés ; ils ne circulent plus que la nuit ; stationnant dans les fermes le jour et souvent se servent des cultivateurs avec tombereaux et chevaux pour transporter leurs munitions. Des véhicules redescendent du front roulant sur les jantes, les soldats sont affolés devant les chars américains et surtout l’aviation qui a la maîtrise de l’air.

Les Américains sont tout près de Lignières, la division Leclerc portes d’Alençon, les véhicules allemands ne savent plus ou se mettre pour se camoufler. Sur la route de Saint Ursin plusieurs camions brûlent et la ferme de la Patricière devient en quelques instants un immense brasier. Il y a un tué et un blessé.

A la Chauvinière où des camions se sont camouflés l’aviation attaque et un hangar est la proie des flammes. Près du Sapin Vert deux camions sont en feu. Une estafette motocycliste est blessée près de la Trigalle. Dans la soirée le sifflement des obus et le crépitement des mitrailleuses se sont rapprochés. A la Croix Guillaume un petit groupe d’allemand ralenti la progression du convoi américain venant de Couptrain. Les chars progressent et à la nuit tombante ils seront aux Senaillières où un hangar est en feu ; silencieusement ils montent la côte de la Vannerie et atteignent la Plingère où ils s’arrêtent.

- 14 août : La résistance allemande s’organise de bon matin pour livrer combat d’arrière garde. Quelques canons antichars sont disposés dans le bourg ; deux sont sur la place de l’église tournés vers la chapelle. L’artillerie américaine envoie des obus sur le bourg pour réduire ces canons, causant de nouveaux dégâts l’église et criblant d’éclats le monument aux morts 1914-1918. Dans un mouvement d’encerclement les chars américains arrivent au cimetière au point du jour. La fusillade éclate ; les Allemands se réfugient vers Joué Du Bois (Orne).

Le Sapin Vert et la Cornière brûlent entièrement. A la Haie au Roy une grange brûle mais le feu ne se communiquera pas au village. De nombreux camions camouflés dans les chemins au Sapin Vert et à la Cornière sont détruits.

Au village de l’Oliverie, une bombe de gros calibre tombe sur le tas de fumier, rebondit sur l’herbage où après un vol plané de plus de 200 mètres, s’arrête sans exploser. Cette bombe sera désamorcée et enlevée après la libération.

La route d’Orgères est encore aux mains des Allemands. La bataille s’engage alors vers le village de la Boucherie où un incendie se déclare. Un char allemand venant d’Orgères arrive pour soutenir la lutte, au Gassel il est atteint de plein fouet par les obus et ses occupants réussissent à prendre la fuite.

Nos deux communes sont alors libérées, mais les obus continuent de tomber sur Monthard, les Noés et la Maison Neuve où un incendie se déclare et où un civil sera tué dans une tranchée. L’artillerie américaine qui prend position sur Lignières y restera une huitaine de jour.

Arrivant à Joué Du Bois à la chute du jour, les américains se replient légèrement, quittant le bourg de Joué Du Bois qui sera alors la proie des flammes. Il aura fallu toute une journée pour libérer Lignières et Orgères.

- 15 août : Les cloches sonnent pour la libération et la fête patronale, les communes de Lignières et Orgères sont LIBEREES mais les plaies sont loin d’être pansées. Des cadavres allemands, environ 50 et ceux de 5 Américains sont restés sur le sol, de place en place de nos communes. Le bilan des dégâts fera état de 71 immeubles entièrement détruits et de plus de cent, plus ou moins endommagés.

Par ses dégâts Lignières se classait au 5ème rang dans le département. En fin de matinée de ce 15 août une automitrailleuse allemande venant de Joué Du Bois fonce à travers les lignes américaines, passe au nez et à 1a barbe de la Military-Police dans le bourg et prend la route de Pré-En-Pail où elle sera rejointe. Un Américain est tué par les Allemands de ce bolide entre la Trigalle et le Sapin Vert.

Tous les jours suivants ce sera le passage de convois impressionnants montant vers le front.

- 20 août : Un aumônier américain célèbre la messe à Lignières pour les troupes stationnées sur le territoire.

1945

- Février : Un autre drame se produit et soulève l’émotion à Lignières. Deux enfants jouant avec un engin de guerre qu’ils ont trouvé, sont grièvement blessés par son Explosion. Constant BONDIS 4 ans et son frère Claude 6 ans décéderont les 23 et 27 février. Ce seront les dernières victimes de toute cette période mouvementée de la Libération.

Texte rédigé par Marcel LANGRIS, extrait du Bulletin municipal n°8

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Dernière MAJ : vendredi 14 décembre 2007

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